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Samedi 23 août 2008

 Titres de recueil et titres de poèmes d'Emile Verhaeren (Sur une idée d'Isa)

Sur cette liste de 20 titres je vous propose d'en utiliser au moins15.

- les ailes rouges de la guerre
- la multiple splendeur
- les blés mouvants
- Toute la Flandre
- Les heures d'après midi
- Les visages de la vie
- Les villes tentaculaires
- Les soirs
- Les flammes hautes
- Les bords de route
- les moines
- Les vignes de ma muraille
- Les campagnes hallucinées
- Les débacles
- Les douze mois
- Les flambeaux noirs
- Les villages illusoires
- Les apparus dans mes chemins
- Les forces tumultueuses
- Les heures claires


Une soirée hors du temps.



L’invitation avait pourtant tout d’une soirée ordinaire.

Ravi à l’idée de revoir mon ancienne bande d’amis, je m’illuminais, dés mon arrivée, en reconnaissant une copine que je n’avais pas vue depuis 6 ans.

Passé le temps des retrouvailles joyeuses, je constatais  qu’elle était affublée d’une robe de bure comme les moines couleur claire et qu’elle arborait fièrement un pendentif en forme d’étoile de Salomon.

 

-         Viens me dit-elle, nous t’attendions.

 

Je pénétrais alors dans un univers aux antipodes du mien :

La pièce, de taille moyenne, était faiblement éclairée par les flambeaux noirs disposés aux quatre coins. Un frisson d’appréhension me traversa et la multiple splendeur des visages tournés vers moi acheva de me déstabiliser.

 

Où étais-je tombé?.Je venais d’être projeté dans les campagnes hallucinées d’un autre temps, où les cultes les plus étranges étaient pratiqués.

Les mots « sacrifice »,  «entités maléfiques » dansaient devant mes yeux écarquillés.

Tous me sourirent comme si ma présence allait de soi.

Où était ma réunion d’amis perdus de vue? Les gens qui m’entouraient étaient certes des personnes de moi connues mais…

 

Je m’assis et essaya de suivre le discours?  Les incantations ? Les phrases rituelles?où il était question des douze mois de l’année, de fertilité et de prostèrité du genre humain…

Nous étions là, d’après le président de séance,( un type tout droit sorti d’un film d’épouvante avec son regard illuminé) pour convoquer «  les visages de la vie », ceux qui malheureusement avait du interrompre aux heures claires de leur existence, leur voie dans ce monde.

 

Je me sentais comme un poisson hors de l’eau et quand l’homme me demanda quels apparus dans mes chemins passés, je souhaitais convoquer, je lui répondis mi-figue mi -raisin qu’en tant qu’écrivain, de nombreux villages illusoires hantaient mon esprit, m’interdisant de me pencher sur le cas de disparus.

Il partit dans un laïus sur les forces tumultueuses qui entravent nos esprits et nos destins.

Il pleura l’incapacité des gens, dans les villes tentaculaires, à s’ouvrir au divin et à l’élévation spirituelle.

Il était si sur de lui  que je le contemplais bouché bée, sursautant quand les flammes hautes des bougies vacillèrent et que l’odeur d’un encens monta jusqu’à mes narines.

Je souris, contrit et il passa à ma voisine( la fameuse amie initiatrice de cette troublante soirée)

Elle s’empressa de nommer les ailes rouge de la guerre passée, et tous repartirent dans leurs prières.

 

Comment les débâcles de ce genre pouvaient –elles exister ?

Je priais, à mon tour, souhaitant une délivrance rapide et sans douleur.

Promettant aux Dieux qui m’écoutaient, d’aller faire brûler un cierge au moins une fois par mois si je sortais vivant de cette « soirée ».

Après ce qui me parut une éternité, alors que cette curieuse assemblée se restaurait, je reçu un appel téléphonique salvateur et pu abréger cette agonisante veillée.

 

Me raccompagnant à la porte, cette femme que je ne considérais déjà plus comme une amie, me félicita et me soutient que les ondes que je dégageais étaient forts prometteuses.

Elle m’annonça que les rituels de la soirée seraient reproduits tous les soirs pendant deux semaines et que j’étais bien évidemment convié à revenir dés le lendemain.

Je bredouillais une excuse où il était question d’un voyage plus ou moins décidé à la volée, promis d’y réfléchir et partis- ou plutôt courus- jusqu’à ma voiture.

 

Je n’ai jamais essayé de savoir ce qu’il était advenu des personnes revues en cette unique occasion…  



Chemindeplume    

 

Publié dans : Mes balbutiements écritoires - Communauté : Ecriture Ludique
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