Présentation


Dimanche 17 août 2008


48 - Mots Imposés

Plus la peine de présenter ce type d'exercice.
La seule contrainte ( mais en est-ce bien une ?) sera d'utiliser la totalité des 15 mots proposés dans l'ordre de la liste, c'est à dire en commençant avec "Sens" et en terminant avec "cyniquement"..

Sens – vie- crise- testament- trivial- toxine- bible- pleure-superflu- jouer- suivre- crier- venger-clairement- cyniquement.

 

 

Mon nom est Lucie et je viens de fêter mes quatre vingt six printemps. Je souhaite avant que mes yeux ne me trahissent, coucher mes pensées sur papier, moi qui suis à l’aube de la fin… Je n’ai pas eu d’enfants, par choix mais je souhaite laisser trace de mon passage pour les générations futures.

 

Ai-je trouvé une sens à la vie ? Qui peut se targuer d’avoir une réponse à cette question?

Je vais simplement vous raconter un brin de mon passé celui qui m’a le plus appris sur moi-même et a conditionné mon passé de multiples façons.

 

C'était il y a quelques trente ans maintenant. A cette époque, je ne parlais plus à mon père suite à une crise familiale : Nous avions ma mère, mes frères, sœur et moi apprit que mon père menait une double vie avec une fille plus jeune que lui de vingt ans.

L’horreur, la honte du scandale a ravagé ma mère et notre famille. Ma Mère est restée mariée, on ne badinait pas avec le divorce à cette époque.

Mon père mourut deux ans plus tard.

 

Le jour de l’ouverture du testament, nous découvrîmes d’une façon tout à fait triviale que nous avions une demie-sœur et qu’il désirait lui léguer la totalité de ce que la loi l’autorisait à donner.

En clair, mon père nous déshéritait à son profit, nous salissant jusque dans la tombe…

La toxine de la rancœur prit naissance en moi à cet instant. Un poison nourrit d’injustice et de  rage, De quel droit venait-elle mettre la pagaille dans nos existences? N’avions-nous pas assez souffert de la trahison paternelle?. Aveuglée par cette vague de haine dévastatrice, j’aurais aimé la tuer de mes mains, elle et son arrogance affichée. Cependant, l’un des commandements de la bible n’est-il pas « Tu ne tueras point » ?

Avec le recul, je me dis que la religion, qui a toujours guidée mes pas, m’a aussi maintenue dans un carcan qui somme toute n’était pas fait pour moi…Mais c’est une autre histoire. 

Bref, je la voit là, devant le notaire, elle pleure à fendre l’âme, d’une manière superflue.

Ce jour là, je décidai de faire de sa vie un enfer au sens littéral du terme, pas très chrétien comme réaction, je vous l‘accorde, mais j’étais sûre de mon bon droit.

Je désirais jouer et le refus des membres de ma famille à me suivre ne me découragea nullement. J’attaquais le testament en justice, la signature de mon père n’était pas réellement visible.

 

Le procès dura cinq ans et je perdis. Je perdis bien plus que je n’aurais imaginé : Ma santé d’abord, mon énergie ensuite  et… beaucoup, beaucoup d’argent.

Lorsque je constatais qu’en plus je lui devais des dommages intérêts pour préjudice subi, je n’eus même plus la force de crier.

Le choc fut si violent que je parti dans la semaine aux urgences, le désir de me venger était si violent que je gonflais de partout.

Je compris, je vis clairement, la fin de ma vie si je ne changeais pas ma façon de penser.

 

 Pardonner étant impossible, je décidais cyniquement de détruire ce qu’elle avait patiemment construit : .

Je la faisais congédier de son emploi( lui qui faisait sa fierté), m’arrangeais sournoisement pour que son mari la trompe…

Un divorce s’en suivi, il n’abouti pas et la malheureuse finit par se suicider. Je su alors que j’avais vendu mon âme au diable. Non, en réalité, il y a bien longtemps que je l’avais perdu, mon âme


                              Chemindeplume

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Jeudi 14 août 2008

Sauterelle, Printemps, amour, joli, douceur, plume, fleur, Asie, Love-cocoon, naissance, saperlipopette, soleil, ours, crapaud, velours, cheval, cerise, livre, rêves, mère, passion, silence, chocolat, chanson, ami.


Chère maman,

 

Cela fait longtemps n’est-ce pas ? Peut-être penses-tu que je t’avais oubliée. Non, simplement, j’ai eu besoin de ces mois de silence pour faire le point sur ma vie et la place que je te laisserai occuper dans celle-ci…

Aujourd’hui mon cœur est douceur, je viens t’annoncer la naissance de mon fils.

Je ressens un tel amour pour lui. Ressentais-tu ce qu’il m’inspire? Etais-je le soleil de ton existence comme il est le mien?

Ma peau avait-elle la douceur du velours, comme la sienne?

,

Penser à toi me ramène dans le passé de mon enfance et je souffre.

Je repense à ton père qui m’a élevé. Il fut mon papa, ma maman, mon ami, mon confident. Sa mort a laissé un grand vide en moi.

J’adorais quand il perdait quelque chose ou que sa mémoire lui faisait défaut car alors il s’exclamait : Saperlipopette !!Cela avait le don de me faire éclater de rire, il joignait alors son hilarité à la mienne. Il me manque…

 

Comment est l’Asie? Manges-tu des sauterelles? Je me demande où tu es en ce moment .

Peut-être cette lettre n’arrivera-elle pas jusqu’à toi…

Chez nous, le printemps sera bientôt là.

 

Te souviens-tu de la fois où tu m’as emmené au zoo, j’avais été fasciné par les ours polaires.

C’est ce jour-là tu m’as expliqué que ton métier était indispensable à ta survie et que c’était pour çela que nous voyions en pointillés.

J’avais six ans alors et je n’avais pas compris que la tarte à la cerise que tu m’avais offerte resterait à jamais un unique souvenir.

J’ai longtemps cherché à comprendre ta passion pour ton métier.

J’ai même acheté ton livre, mais à mesure que j’imaginais la plume qui a tracé ces mots sur le papier, je me disais que tout ce temps, tous ces silences, m’avaient été volés, à moi, ce petit garçon qui aspirait seulement au « love cocoon » que tout enfant est en droit d’obtenir de son parent.

Je voulais que tu me regardes comme tu aurais contemplé ce cheval pur sang qui te faisait tant envie…

Au lieu de ça, je me faisais l’effet d’être aussi intéressant que le crapaud de la marre d’à coté !

Tu n’as eu de mère que le nom mais je viens vers toi aujourd’hui espérant que tu seras une vraie mamie pour mon fils.

 

Voudras-tu lui chanter une chanson pour petits?

Accepteras-tu un joli bouquet de fleurs pour la fête des grand-mères en t’exclamant que tu n’as jamais vu pareille merveille?

Seras-tu de celles qui savent confectionner de petits gâteaux avec amour ? Un bon chocolat chaud ?

 

Je rêve de ce jour où tu viendras nous voir, ma petite famille et moi, prenant ainsi la place qui te revient de droit. Je t’aime.

 

A tout bientôt, j’espère.

 

                                                                           Eric.



                Chemindeplume 

                                                                      

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